1939-1944
A la déclaration de guerre, les travaux sont terminés. Le produit de la vente de deux immeubles légués à l’Orphelinat, permet la fin des travaux et l’installation du chauffage central.
Mais c’est la guerre, l’Abbé ROBERT et plusieurs employés sont mobilisés et quittent ELANCOURT.
Après bien des vicissitudes et des hésitations des autorités, les 300 enfants dont des tout petits qui ne marchent pas encore, restent à ELANCOURT. Le chauffage central est alimenté par le bois que les enfants vont ramasser dans la forêt alentour, et le boucher d’ELANCOURT prête sa camionnette pour aller au ravitaillement à VERSAILLES. Un ancien, réfugié à l’Orphelinat offre ses services de meunier, et un habitant d’ELANCOURT « qui connaît un peu la mécanique » arrive à produire de l’électricité.
Tant bien que mal, l’institution fonctionne jusqu’au retour rapide de captivité de l’Abbé ROBERT.
Pendant la guerre, à l’occasion des bombardements de la gare de triage de TRAPPES, 450 bombes tombent sur ELANCOURT dont certaines à 50 mètres des bâtiments de l’orphelinat, mais heureusement sans faire une seule victime.
Par trois fois, les Allemands viennent perquisitionner cherchant, en vain, un émetteur récepteur que dans le plus grand secret (on ne l’apprit qu’après la guerre), détient l’Abbé BOURGEOIS, adjoint de l’Abbé ROBERT.
L’Orphelinat moud sa farine et fabrique son pain blanc. Les fins de mois sont difficiles, mais avec beaucoup de privations, « on s’en sort tant bien que mal ».
Les derniers jours qui précèdent la libération, les obus tirés de la route de Dreux à celle de Rambouillet, passent au-dessus de l’Orphelinat et des mitrailleuses sont installées sur le coteau.
L’Abbé BOURGEOIS, aidé d’une équipe de volontaires, rampe le long du ruisseau en traînant un chariot pour aller chercher plus loin des légumes.
ELANCOURT est à nouveau isolé mais par bonheur un paysan vint offrir une charrette de choux-fleurs et des haricots qui permet d’attendre l’arrivée des armées alliées.
1945
Les temps sont toujours très durs mais la providence procure de généreux donateurs qui au dernier moment apportent quelques denrées pour les enfants.
Dans cette période d’après-guerre, l’Abbé BOURGEOIS s’attache à rendre la vie des enfants plus agréable : les sorties deviennent plus nombreuses, les grands vont camper, les dimanches on va en promenade ou même au cinéma... à la place des vêpres.
Les enfants sont autorisés à aller en vacances à Noël et à Pâques.
Un autre prêtre, l’Abbé GUILBERT, fait entièrement rénover le préau de la comédie où les enfants vont pouvoir assister à des séances récréatives.
1950
« La Cordonnerie » berceau de l’Orphelinat, mais en trop mauvais état est démolie. Le moulin de la boulangerie s’arrête aussi cette année là, payant leur tribut au modernisme.
De même, après l’acétylène, le pétrole et la turbine, c’est l’électricité publique qui permet d’éclairer avec une lumière plus vive et à meilleur compte tous les bâtiments.
1954
Toujours sous l’impulsion de l’Abbé GUILBERT, on construit le « pavillon Notre Dame », aujourd’hui « salle des fêtes », avec la contribution des enfants, d’artisans et d’entreprises de la région et encore une fois de la généreuse famille GUERLAIN, dont on devrait retrouver le nom sur tous les bâtiments tant son aide dans les grands chantiers fût importante.
Pendant la période qui suit, de nombreuses nouveautés apparaissent :
Installation de jeux de plein air, grâce à la générosité des Américains du camp des Loges qui invitent aussi les enfants à des goûters de Noël dont ils reviennent les bras chargés de cadeaux et de friandises.
Baptême de l’air pour les plus grands, grâce à un ancien.
Colonies de vacances grâce aux bénéfices de la fête annuelle, organisée par les anciens.
1956
Notre Dame de la Roche se sépare de l’Orphelinat. Elle deviendra en 1965 l’Association Notre Dame de la Roche, Ecole d’Horticulture.
1958
Cinquante jeunes passent un mois à « Notre Dame des Flots Bleus » à BLAINVILLE dans une maison mise à la disposition de l’Orphelinat par la Paroisse de TRAPPES.
Le Directeur, nommé en 1958, est l’Abbé Albert LE GARREC, un ancien de l’Orphelinat. Il reste dans sa fonction jusqu’en 1963.
1959
Depuis plusieurs années, l’orphelinat pense à la célébration de son centenaire : le Directeur et l’Amicale des Anciens, sous l’impulsion de son Président Jacques DESRUES, préparent cet événement.

Le 24 Mai, jour de la réunion annuelle des anciens, l’orphelinat fête dans la joie son 100eme anniversaire.
1965
Cette année voit de lourdes menaces peser sur l’orphelinat en raison d’avis défavorables de la Commission Sanitaire de la Préfecture.
1966-1967
Devant la gravité de la situation, certains membres du Conseil vont prendre une part beaucoup plus active et notamment René BONDON, Commandant de l’armée de l’air et ancien de l’orphelinat. Ils entreprendront les travaux nécessaires.
En 1967, l’Association des amis et bienfaiteurs de la fondation « Association Loi 1901 » est créée pour prendre la relève d’une action sociale plus que centenaire. Le Conseil d’Administration est désigné par l’Assemblée Générale de cette Association. Son premier Président en est René BONDON.
C’est aussi l’intérêt progressif porté par l’État aux enfants en difficulté et le développement des services constitués aujourd’hui par l’Aide Sociale à l’Enfance qui vont progressivement faire passer la Fondation de promoteur autonome, fonctionnant grâce à une économie de charité privée, au statut de service dont le fonctionnement économique est pris en charge pour l’essentiel par les fonds publics.
La fondation en date : 1968 - 1981